Redha Artiste peintre

22 février 2008

Ma nouvelle crise !

aigle

Je viens de passer une nuit pratiquement blanche puisque je n’ai dormi qu’à cinq heures. Tout a commencé à dix heures du soir. Je cherchais un carnet à croquis dans lequel j’ai dessiné plusieurs oiseaux car j’avais décidé de leur consacrer une série de peinture pour cette année. Au bout de quelques minutes, je n’arrivais plus à trouver le carnet. J’ai donc pris une feuille blanche et me suis mis à dessiner. Et là, le dessin m’a tellement plu que j’ai pris d’autres et me suis mis à en faire d’autres. Impossible de m’arrêter. C’est une sorte de crise qui me prend régulièrement. Les images et les idées sortaient toutes seules de ma tête sans que je fasse le moindre effort. Des fois, l’image de l’oiseau se présentait elle-même presque complètement achevée dans ma tête. Des fois aussi, je vois une image et puis quelques secondes après, une autre image toute aussi puissante surgit.

Il y a deux jours, je parlais avec une amie qui me conseillait de ne pas m’épuiser à la tâche. Je lui ai répondu que c’était plus fort que moi. C’est comme si j’étais habité par un esprit.

Sjk

parrot

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15 février 2008

Ces associations et ces centres culturels

En 2007, des amis m’ont plusieurs fois proposé d’exposer avec eux dans des associations ou des centres culturels. Ce n’est pas que je fais la fine bouche. J’ai déjà tenté cette expérience et je sais qu’il faut toujours s’attendre au pire avec ce type d’établissement.
Il y a quelques années, lorsque j’ai commencé à exposer, un type j’étais dans une galerie entouré de mes peintures, un type est venu vers moi. Il avait l’air très gentils et d’un air tout aussi affable, il m’a proposé d’exposer dans la maison de culture qu’il gère. Il disait chercher un artiste pour commémorer la 1er novembre et que mes peintures lui plaisaient beaucoup. A l’époque, j’étais tellement naïf que ses flatteries m’ont fait bondir de joie. J’ai réalisé 15 peintures pour l’occasion et l’exposition a eu lieu. Tout avait l’air de bien passer, mais le 3 novembre, j’entre et ne trouve plus les peintures dans la salle d’exposition. A leur place, je trouve des gens qui ont dressé plusieurs tables remplies de vêtement artisanaux. Le gardien me préviens que le directement les a mis ailleurs. Il m’a conduit vers une sorte de couloir poussivement et mal éclairé. Je vais voir le directeur. Il me reçoit froidement et m’explique qu’il avait commi une erreur de calendrier et qu’il avait promis il y a des semaines à ce groupe d’artisan de mettre la galerie à leur disposition.
Je lui ai rappelé qu’il m’avait promis deux semaines !
Il s’est mis à hausser la voix et m’a fait entendre les propos suivants :

« Ecoutes, que t’es conneries restent dans ce couloir ou dans la galerie, ça ne changera rien. Personne ne viendra les voir. Les gens n’en ont rien à foutre. »

Je lui dis : « Mais c’est vous qui êtes venu me voir ! »
Il me dit : « Je vous ai promis d’exposer pour le premier novembre et c’est fait. »

Je lui dit : « Vous m’avez promis une semaine. »
« Ecoutes, si tu m’énerve, tu n’auras même pas droit au couloir. »

Je lui dis : « Vous allez remettre ces peintures dans la galerie ou je vais ramener les flics. »

Il se mit à rire et le gardien qui était près de la porte rigolait lui aussi.

Je suis sorti et je suis allé voir un ami du cartier qui était flic. 20 minutes plus tard, je rentre avec lui dans le centre. Mes peintures se trouvaient aintenant près de la porte, contre un mur.
Lorsque le directeur a vu mon ami le flic, il est devenu tout rouge. Il essaya de se justifier mais le policier le coupait avec autorité.

« Pourquoi avez-vous décroché ses peintures ? »
Sans prendre le temps d’écouter la réponse, le policier a regardé l’affiche qui annonçait mon exposition quelques jours auparavant.

« Il est écrit dans cette affiche que l’exposition doit durer une semaine. Pourquoi les avez-vous décrocher au bout de 2 jours ? Vous allez tout de suite les remettre à leur place ou vous aurez des problèmes. »

Le directeur s’est alors fait tout petit et il est allé expliquer aux artisans qu’ils devaient retirer leurs tables. Ils s’exécutèrent. Le policier m’a dit devant eux : « Si quelqu’un retire tes tableaux avant la fin de la semaine, tu viens me voir. »

Nous avons beaucoup rigolé moi et le flic lorsque nous sommes sorties. Les algériens sont presque tous pareils.

Je revenais chaque jour. Mes peintures étaient à leur place mais j’avais droit à toute sorte de propos impolis et désagréables. Le directeur sortait et se mettait à parler avec le gardiens. Il disait du mal des artistes, se moquait de moi. Une fois il m’a dit : « Pourquoi dessiner ces conneries ! Vous les artistes, vous êtes des hypocrites ! Tout le monde sait que ce pays est merdique et qu’une personne normale ne rêve que d’une chose, le quitter. Tu as gagné quoi toi grâce à l’indépendance ? L’état et les militaires volent tout pendant que toi, tu as des miettes ! »

Cette histoire a l’air insolite mais elle est très représentative de la façon avec laquelle les centres culturels et les association traitent les artistes. Le statu de l’artiste dans la société algérienne est tellement dévalorisé que ces scènes d’abus et d’humiliation sont très fréquentes. J’en parle avec tous mes amis peintres et tous ont venu plusieurs fois des moments pareils. Y en a beaucoup qui quittent le métier à cause de cela. Il faut avoir la tête sur les épaules et de l’estomacs pour supporter tous ces connars incultes et méprisant qui gèrent les institutions culturelles. Il faut savoir que la plupart des artistes n’ont pas d’ami ou de voisin policier. Ils ne peuvent donc rien faire contre ça. S’ils vont porter plainte, la plainte n’aboutira pas car on ne les prendra pas au sérieux puisque c’est des artistes. 

98% des associations et des centre culturels sont gérés par des gens pareils. En fait, la plupart du temps, ces associations et autres centres sont crées par les maires spécialement afin de détourner de l’argent. C’est pour ça qu’ils mettent à leur tête 9 fois sur dix des gérants qui n’ont aucun rapport avec l’art et la culture. Il reste 2% de centre culturels bien gérés mais il faut avoir du courage et de la persévérance pour les trouver.

Je me suis toujours demandé pourquoi est-ce que certaines associations organisent des expositions de peinture. En vérité, le mot exposition est bien énorme. Comme ces types, c’est eux qui viennent nous chercher dans les galeries. Ce fut un journaliste qui m’apporta la réponse. En fait, ces associations signent des partenariats avec le ministère de la culture. Ils remplissent des registres et les envoient à la mairie. A chaque fois qu’elles exposent un artiste, elle reçoive des subventions. Une association qui expose 30 peintres par ans, reçoit un beau paquet d’argent. L’état fait ça pour encourager les association à aider les artistes. Mais en  réalité, cet argent, les associations se le mette dans les poches. Pas un rond n’est investi dans l’organisation des expositions. En principe, le gérant de la galerie ou de l’association doit faire réaliser au moins une affiche et des cartes d’invitation. Il doit aussi organiser un véritable vernissage et envoyer les invitations à des personnalités, des journalistes…
Dans la pratique, ils ne font rien de cela. Ils se contentent de mettre à votre disposition un ou quelques murs, parfois des planches de contreplaque. 

Seuls les jeunes peintres débutants ou les minables sans talents acceptent d’exposer chez eux.

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12 février 2008

Peintre amateur ou professionnel ?


Dans le domaine artistique, le terme professionnel désigne un artiste qui vit du métier d’art. Le terme amateur est utilisé pour parler d’un individus qui apprécie l’art, se rend aux vernissages, fait acquisition d’œuvres, se lie d’amitié avec les artistes...Quand il est définit l’artiste,  ce mot désigne le peintre sans ambition, qui aime dessiner et peindre juste pour se détendre et passer un peu de temps.

Par extrapolation, « professionnel » et « amateur » sont également porteurs de sens positif ou péjoratif. Ainsi, le terme professionnel signifie qu’on a atteint un haut degré d’habilité et de créativité, qu’on vive ou non de son activité. On qualifie d’amateur, l’artiste de niveau moyen ou médiocre, et ceci indépendamment du fait qu’il en ait fait ou non sa profession.

Il y a une questions que presque tous les peintres subissent constamment : « Quel est ton vrai métier. » 
Les gens qui la posent ne s’en rendent pas compte mais cette façon de formuler la question est maladroite car elle suggère que l’art ne peut être une profession. En effet, dans l’esprit d’un grand nombre de gens, la peinture est un hobby ou une curiosité. Cela en dit beaucoup sur la considération  que porte la société sur notre rôle.
Avant, cette question me fâchait. Maintenant, je me suis habitué à tout. 
Quand je réponds : « Je suis artiste peintre. »
La personne pose une autre question : « Oui mais de quoi vis-tu ? »
Je réponds : « Je suis universitaire et j’ai un diplôme de graphiste publicitaire. Je travaille quelques mois dans un boîte de communication puis je démissionne pour réaliser une ou deux séries de peintures. »
Alors la personne prend un air étonné et ajoute : «  Tu démissionne tout seul alors que c’est si difficile de trouver un boulot ? Tu es bizarre, toi »

Je réponds : « C’est un des sacrifices que je dois faire pour pouvoir peindre. »

Des fois, le personne se tait ne voulant pas m’affronter, mais certains n’éprouvent aucun gêne à me faire la morale avec des remarques dans le genre : « Je pense qu’il vaudrait mieux t’investir dans une carrière de graphiste pour un salaire mensuel et une retraite à la fin de ta vie. Tes tableaux sont jolis mais ils ne mènent à rien de concret. »
Evidement, le concret pour ces gens c’est «  les trébuchantes sonnantes. »
Voilà le discours qui sort régulièrement de la bouche des journalistes et des gens qui visitent les galeries d’art.

C’est à assez désagréable mais je fais comme si je n’ai rien entendu. Ils analysent ma situation par rapport à leur vie et leur état d’esprit, à eux. Ils ignorent ce qu’est la passion et l’amour d’un métier bien fait. Ce sont souvent des individus qui n’aiment pas leur métier et qui travaillent pour une seule raison, avoir l’argent nécessaire à la vie. Ils exercent le métier de journaliste comme ils auraient pu faire n’importe quel autre métier et s’ils trouvent un travail mieux rémunéré, ils n’hésiteraient pas à changer.
Et puis, il ne faut pas oublier que nous vivons dans la société de consommation, un monde où la plupart des gens grandissent avec l’idée que le confort la chose la plus importante dans la vie d’une personne, et que ce confort est indissociable au pouvoir d’achat. Donc, pour être heureux, ils faut consommer et acheter le plus possible et pour acheter il faut gagner le plus d’argent.


Nous sommes donc dans deux mondes complètement différents. C’est ce qui explique cet l’impossible compréhension entre certains artiste et le reste de la société.
Revenant maintenant à la question du professionnalisme. Au début, j’ai, moi aussi, pensé à cette stratégie qui consiste à exercer un métier pour vivre et prendre mon chevalet dès que je rentre à la maison. Très vite, j’ai constaté l’impossibilité de la tâche. Le travail dans l’entreprise est fatiguant. Quand vous revenez à la maison, vous êtes vidé. Vous avez envie de vous reposer. Vous pouvez très bien vous reposer en prenant une toile pour étaler dessus des couleurs, mais ce n’est pas ça qui fera de vous un artiste. La peinture est un métier exigeant. Elle exige de l’énergie en quantité et en qualité. IL faut des heures de travail par jour pour atteindre le haut niveau. Il faut travailler quand on est en forme, le matin par exemple.
Ne pouvant concilier entre mon métier de graphiste et de peintre, j’ai du choisir. Contrairement à beaucoup, qui optent pour un salaire mensuel, j’ai décidé de choisir la peinture.
Si j’ai réussi à m’offrir un tel luxe, c’est aussi parce que je suis issu d’une famille aisée. Je n’ai par exemple pas besoin d’économiser pour m’acheter une maison ou un appartement et je sais que je peux compter plus tard sur un bon héritage qui me mettra à l’abri du besoin.
Les peintres qui ont des parents pauvres, n’ont pas cette chance. Ils sont obligés d’économiser eux-mêmes pour l’achat d’une voiture ou d’une maison.

Après la galère, ma situation s’est un peu amélioré ces 3 dernières années. Mes efforts commencent à porter leurs fruits. Les galeristes me prennent plus au sérieux. Ils n’hésitent pas à m’exposer car mon press-book a pris de l’épaisseur.
Cela me permet de vendre bon nombre de copies orientalistes. Des fois, certains acheteurs veulent même acquérir mes originaux mais je ne les vends pas. Je me suis trop investi et les dinar ne valent rien. J’attends d’aller à l’étranger où je pourrais obtenir de meilleurs prix.

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11 février 2008

Le matériel de peinture

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Le matériel de peinture est, sans doute, le plus grand problème rencontré par les artistes qui vivent dans les pays sous-développés. Aujourd’hui, seuls les peintres issus de familles bourgeoises aisées, peuvent se permettre le luxe de travailler avec du bon matériel en quantité.

Dans tout le pays, Alger, est l’une rares régions du pays où un peintre peut acheter son matériel. Certains doivent donc parcourir plus de 200 K pour se procurer de la toile, des tubes… Et puis, des fois, les importateurs font n’importe quoi. Il leur arrive , par exemple, de mettre sur le marché de nombreux produits inutiles alors que les matériaux de base, voir indispensables, demeurent introuvables. Je me rappelle d’une époque où le Bleu primaire et la térébenthine étaient introuvable pendant trois ans.

La ministre de la culture se vente constamment d’avoir augmenté le budget de la culture et d’avoir financé de nombreux festivals. En effet, le règne de Boutefliqua et de sa ministre se distinguent par le tape à l’œil et toute sorte d’événement médiatiques. Pourtant, elle n’a eu aucune politique réelle visant à sauver les métiers de l’art. Elle n’a rien fait pour protéger les artistes de la misère et de la grande précarité. Pire encore, en voulant imiter la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf avec la signature d’accords économiques avec les grands pays industriels, Boutefliquat a carrément détruit les petits importateurs qui munissaient les quelques commerces algérois de matériel de peinture. Ce marché est tout petit en Algérie, et généralement il n’intéresse guère les importateurs classiques des matériaux de Bureau et de papeterie.

Depuis deux ans, les produits haut de gamme " Lefranc Bourgeois " ont ainsi presque disparus de la circulation. Ils ont été remplacés par Pebeo qui fabrique ses produits en Chine. Cette marque était importante dans le passé. Depuis qu’elle s’est délocalisé en Asie, elle fait du n'importe quoi car la Chine privilégie la production en masse d’articles bon marché.

Aujourd'hui, un importateur originaire du Mzab s’est installé à Alger avec quelques boutiques aux allures de supermarché sous l’enseigne " techno ". Il a profité de la disparition des petits importateurs et d’une pénurie en matériel de peinture qui dura plusieurs mois pour faire grimper les prix en flèche. Ce fut un choc, très rude pour les peintres.

Ces derniers temps, je me suis offert assez de matériel pour pratuire 60 peintures par ans pendant cinq ans. J'ai du acheter en grosse quantité car les prix grimpent constament à cause de l'instabilité que connaît l'euro. Ce qui est certain, c'est que ça ne va pas descendre. ça m'a coûté deux années du salaire d'un ouvrier. Mais combient sont-ils ces peintres qui peuvent se permettre une telle dépense ?

Les conséquences de tout cela est que beaucoup n’ont pas les moyens de se procurer leurs matériaux. Comment acheter le mètre de toile à 800 ou 1000 D (8 à 10 euros) alors qu’on a une chance sur 1000 de vendre la peinture une fois achevée. La plupart des artistes travaillent par conséquent sur de la percale vendue entre 50 et 150 D le mètre, ce même tissu que les pauvres utilisent pour fabriquer des draps ou des linceuls. Ils commencent par la badigeonner de produits de bâtiment avant de peindre dessus. Il y a des peintres qui remplacent la peinture à l’huile par de la laque de bâtiment, qui mélangent leur acrylique à de la vinyle de batiment… Quant à la térébenthine, la plupart des peintres ne connaissent pas son odeur. Ils utilisent celle de la quincaillerie qui coûte cent fois plus cher.

Même si une fois l’œuvre finie, elle peut paraître " normale ", il faut savoir que ces produits de bâtiment, eux aussi, fabriqués en chine, ne sont pas conçus pour durer très longtemps.

Ce système D paraît séduisant à première abord et on est même tenté d’admirer des artistes aussi débrouillards, mais les conséquences sont désastreuses pour la pérénité des tableaux en tant qu'objets ainsi que pour la réputation du métier. Les œuvres produites ainsi ont une durée de vie tellement courte qu’elles finissent par se craqueler par elle même, au bout de quelques années. Elle ne résistent même pas à une légère humidité. Et là, je ne parle même pas des teintes qui jaunissent, des blancs qui virent aux gris…

Nous sommes face à une escroquerie. Les artistes qui travaillent avec de tels matériaux en sont conscient. C’est pour ça qu’ils baissent les prix comme s’il s’agissait de liquider de vulgaires tableaux industriels tirés à des dizaines de milliers d’exemplaires. J’ai vu des peintres vendre une toile à 2000, voir 1500 D. Ors, c’est ce que je dépense, moi, en utilisant de la toile, de la peinture, de l’essence et du vernis de qualité pour chacune de mes oeuvres. Face à une concurrence aussi déloyale et immorale, un peintre intègre et exigeant ne peut plus écouler ses œuvres. Les acheteurs me reprochent souvent de pratiquer des prix trop chers, même lorsque je ne vends qu’à 100 euros la toile. Certains me parlent comme si j’étais un escroc alors que les vrais escrocs sont ceux qui vendent à bas prix.

En partant avec de telles toiles, ces acheteurs non avisés, pensent faire une bonne affaire. Il suffit de parler avec eux un moment pour se rendre compte qu’ils ne savent généralement pas faire la différence entre la peinture à eau et la peinture à l’huile. Si je leur révèle à quel prix je paye mes pinceaux, ils refusent de me croire et me prennent pour un menteur.

C’est très rare de tomber sur un acheteur ou un visiteur qui possède un minimum de connaissances sur ces questions. Pourtant, il faut bien les connaître si l’on veut un jour acheter une peinture.

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10 février 2008

Nouvelle serie de tableau

redha

Photo prise tout à l'heure avec ma web cam


Avant hier, je me suis remis à peindre après un arrêt de plusieurs mois. Même si j’ai réussi à vendre bon nombre de tableaux cet année ( pratiquement que des copies de maîtres et très peu d'originaux), j’ai chercher un autre travail cet été. D’habitude, je n’ai qu’à envoyer mon cv à quelques boîtes de communication pour trouver un boulot de graphiste. Mais le métier de graphiste ne rapporte plus rien. Tout le monde est devenu graphiste. Les boîtes de communication l’ont compris, alors elles ont baissé les salaires. La plupart des graphistes travaillent aujourd’hui pour le SMIG, c’est à dire le salaire d’un gardien. En économie, on appelle cela « dominer par le bas » en cassant les prix. C’est une stratégie que pratiquent par exemple beaucoup les immigrés qui se rendent en Europe.

Cet année, j’ai bossé pour un comptable. Ce type m’a escroquéen me payant juste le tiers du salaire convenu. Ça reste tout de même une bonne sommes avec laquelle je me suis acheté pas mal de matériel de peinture.
Je n’ai pas arrêté pour autant mes activités artistiques. J’ai dessiné tous les sujets que je vais reproduire sur toile au cour de l’année 2008.

J’ai eu une mauvaise surprise car j’ai oublié de nétoyer mes pinceaux il y a deux mois avant de les ranger. Je me suis contenté de les plonger dans un récipient rempli d’eau. Les pinceaux des peintres sont faits de matière organique, le poil du porc. L’eau du récipient est par conséquent devenue comme celle des égouts. J’ai du les mettre dans un autre récipient remplie d’eau mélangée à une forte proportion d’eau de Javel car celle ci dissout la matière organique. Beaucoup sont à jeter à cause de ce séjour. En attendant de bien les laver une dernière au savon de Marseille, je me suis servi des pinceaux pour peinture acryliques, faits de poils synthétique.

Pour les chiffons, j’ai coupé en pièces un de mes jeans usés.
J’ai attaqué quelques peintures. J’ai une dizaine de toiles à finir d’ici le 15 mars, date de ma prochaine exposition. J’ai réussi à trouver quatre galerie où exposer cette années. Il y aura peut-être une cinquième mais rien n’est encore conclu.

J’ai décidé de me rapprocher plus de l’orientalisme, mais sans pour autant tomber dans la banalité ou le plagiant des anciens. Mes sujets garderont leur aspect surréaliste. Ces dernières années, j’ai surtout pratiqué un style international, sans la moindre référence à une culture particulière, ce qui m’a fermé bon nombre de portes. Même les journalistes me reprochait de ne pas faire de la peinture « algérienne ». La Pratiquement toutes des galeries d’art en Algérie appartiennent à l’état. Pour pouvoir y exposer, il existe pas trente six solutions, se montrer patriote et démagogique, peindre des scènes traditionnelles villageoises ou des casbah.
C’est vraiment curieux comme logique ! On voit des casbah et des femmes en tenue traditionnelle partout. . D’un coté, mes compatriotes s’habillent et vivent comme des occidentaux, et d’un autre, ils font semblants de s’attacher à leurs identité. Si quelqu’un ose marcher en tenu traditionnelle à Alger, les gens vont le railler. Finalement, la société nous demande, à nous les artistes, de sauver avec l’illusion, cette culture ancestrale qu’ils méprisent et abandonnent. Quelle schizophrénie ! Je ne vais pas m’attarder sur cette question puisque je vais bientôt lui  consacrer un article.

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